Interview du coach de l'ABFT, de retour des Championnats du Monde 2009 - Quelle est votre impression générale de ces Championnats du Monde nouvelle version? Ceux-ci ont tenu leurs promesses, tant au niveau de la qualité des performances que de celui des surprises. Avec l'émergence de nouvelles nations comme l'Afghanistan, force est de dire que les plastrons électroniques et le nouvel environnement qui se met en place introduit une nouvelle dimension. - Déçu de la prestation de David ? Sur le coup, oui..car nous avions bon espoir d'avancer loin dans la compétition. Avec le recul et l'analyse à froid de son combat, beaucoup moins. David est allé sans arrêt à l'attaque, essayant de faire la différence dans la production. C'est la première chose que je demande à un combattant : s'engager a fond. Maintenant, la chose positive, c'est que nous avons enregistré de bonnes informations pour la suite. Au niveau de la protection du plastron, d'abord, qui devient un élément de première importance avec le système électronique ; de la précision des coups donnés, ensuite, plutôt que du volume et surtout de la nouvelle logique d'efficacité qui se veut résolument défensive. Peut-être aussi que le fait de bénéficier d'un « bon tableau » avec un forfait et un premier tour à 5 h de l'après midi après avoir attendu de combattre depuis le matin était un cadeau empoisonné. - Cela remet-il en cause votre motivation? Loin de là...David était en manque de compétition après une réhabilitation de quatre mois et des examens scolaires importants en milieu de préparation. Une énorme pression pesait sur lui, due à la qualité de l'enjeu et l'envie de très bien faire. Cela fait partie du chemin, c'est ce que l'on appelle l'expérience qui mène un athlète à maturité. Ceci dit, j'ai toujours été clair sur mon objectif principal de la saison : les Championnats d'Europe 2010. Nous avons une ligne de conduite à tenir, tout est en construction et nous sommes proches de nos objectifs. Beaucoup de choses sont mises en place mais l'ABFT n'en recueille toujours pas les fruits. - Quels sont "les fruits" attendus ? Des résultats forts ! Vous savez, pour avoir des médailles qui comptent dans un projet sportif olympique, il ne suffit pas d'aller à la quincaillerie ou de participer à des compétitions de seconde zone. Il faut battre les meilleurs, qui sont les produits de systèmes avec des budgets, des collectifs et une histoire bien supérieurs à la Belgique en ce qui concerne le Taekwondo. Nous essayons de mettre les athlètes dans une situation identique à celles des nations performantes. Dans le contexte du Taekwondo belge, c'est plutôt difficile car il faut se battre sur chaque aspect de l'outil d'entraînement. On ne peut donc pas encore l'optimiser, voire l'utiliser parfois. Tout combattant n'est pas un athlète. Etre un athlète, c'est être capable de digérer plus de 20 heures d'entraînement difficile par semaine et concilier plus de 30 heures d'études de bon niveau en université ou en lycée. C'est savoir encaisser les contre-performances sans se démotiver, les victoires sans attraper la grosse tête, rester sans arrêt en contact avec son objectif par rapport aux tentations normales de la vie d'un(e) jeune. Ce n'est pas une chose à la portée de tout le monde. Il faut du temps, du caractère et de la solidarité autour.. Le lot de tout changement de système et de génération d'athlètes est d'être soumis à de sévères critiques. C'est presque normal mais à un certain point, il serait positif que ces critiques se transforment en efficacité constructive autour d'une question : comment puis-je aider ce qui me semble si imparfait ? Et éventuellement..ai-je la compétence pour le faire ? Mon téléphone est toujours ouvert... |
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