HISTOIRE DE L’ABFT – Épisode 3 : De Séoul 1988 à l’ère moderne

Publié le: 22 novembre 2019

Les Jeux Olympiques de Séoul en 1988 et la démonstration de taille proposée aux spectateurs du monde entier marquent l’entrée du taekwondo dans la sphère des sports globaux. Les Jeux de Séoul font naître l’espoir d’une entrée officielle du taekwondo de compétition au programme des Jeux Olympiques.

Au niveau national, le Conseil d’Administration de la fédération poursuit ses efforts en matière de formation et de compétition.

En mai 1988, Luc Sougné, alors Président de l’ABFT, devient Secrétaire Général de l’European Taekwondo Union, la fédération européenne de taekwondo, pour une durée de 9 ans. Il deviendra aussi, entre autres, Vice-Président de l’ETU en 1998, Président délégué de l’Union Mondiale Francophone de Taekwondo en 2001 et responsable Media a l’ETU et la WTF entre 1995 et 2015.

Forte de déjà plus de dix ans d’expérience dans l’organisation et la participation aux compétitions, l’ABFT, grâce au club Keumgang Beyne emmené par André Hérin et Jean-Marie Guiot, sont Président, lance les rencontres « Belgique – X ». À partir de 1990, la Belgique recevra chaque année une grande nation du taekwondo mondial pour une rencontre exhibition qui attire plusieurs centaines de spectateurs lors de chaque édition. Des nations telles que la Chine, le Japon, la Corée du sud, la Russie, la Turquie, la France, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Égypte et le Maroc se rendront en Belgique.

Toujours en 1990, Jan Iversen monte sur le podium des Championnats du Monde Universitaires de Santander, en Espagne, dans la catégorie des +83Kg. Il s’agit de la première médaille francophone sur un tournoi mondial.

En 1992, le taekwondo est à nouveau inscrit aux Jeux Olympiques de Barcelone, toujours comme sport de démonstration. Une épreuve où notre pays ne sera toutefois pas représenté.

Deux ans plus tard, le 4 septembre 1994, la nouvelle tant attendue par la communauté du taekwondo mondial tombe enfin. Juan Antonio Samaranch, Président du Comité Olympique International, annonce l’inscription du taekwondo au programme officiel des Jeux Olympiques d’Été à partir des Jeux Olympiques de Sydney, en l’an 2000. Le 4 septembre est désormais connu à travers le monde sous le nom de « Taekwondo Day ». En parallèle de ces développements, une nouvelle génération de compétiteurs émerge au sein de l’ABFT. Cette génération a pour cheffe de file une figure bien connue du taekwondo belge et francophone : Laurence Rase, qui devient dès 1994 Vice-Championne d’Europe Juniors à Bucarest, en Roumanie. Ce n’est que le début d’une carrière bien remplie pour la jeune athlète. Quelques années plus tard, Laurence remportera la médaille de bronze aux Championnats d’Europe Senior d’Eindhoven, aux Pays-Bas, en 1998 et l’année suivante, la médaille de bronze aux Championnats du monde d’Edmonton, au Canada. Deux performances historiques pour la fédération, qui côtoie désormais, et pour de bon, les sommets du taekwondo mondial

Les années 1990 correspondent également à l’avènement des nouvelles technologies et d’Internet. L’ABFT emboite le pas et entrevoit la création de son propre site internet et d’une adresse email pour tous les responsables de la fédération. Si aujourd’hui cela peut paraitre anecdotique, il s’agit d’une véritable révolution pour l’époque.

En 2000, aux Jeux Olympiques de Sydney, en Australie, le taekwondo fait enfin son apparition au programme officiel. Les premiers Champions Olympiques de l’histoire de la discipline s’appellent Michaelis Mouroutsos (-58Kg) chez les hommes et Lauren Burns (-49Kg) chez les dames. 

En 2002, la fédération engage Éric Maréchal comme Directeur Technique. Celui-ci sera chargé de définir et mettre en œuvre une politique sportive de compétition en accord avec le développement de la discipline à l’échelle internationale, tant sur le plan sportif que pédagogique. Cet engagement est rendu possible par l’Adeps et le COIB, qui voient en la vision des dirigeants de la fédération la promesse de résultats sportifs au plus haut niveau.

Dans cette même optique naissent les projets Be-Gold, qui visent à soutenir les sportifs présentant de réelles chances de participation aux Jeux Olympiques.

Les années 2000 sont synonymes de professionnalisation du taekwondo, fraîchement entré dans le « club » olympique, et donc de l’ABFT. Un projet de centre d’entrainement permanent et d’humanités sportives est progressivement mis sur pied et aboutira en 2004 avec la création d’une section Humanités sportives de haut niveau à Mons. Une dizaine de jeunes sportifs à statuts Adeps vont intégrer le projet. Ils sont issus des clubs phare de l’époque. Parallèlement, la fédération développe un partenariat avec des universités coréennes. Elle accueille dans son centre d’entrainement des stagiaires coréens, étudiants en éducation physique

En 2004, un autre événement majeur vient conforter l’ABFT dans sa politique sportive et de formation. Laurence Rase emmenée par Eric Callut et Eric Lambert (Hannut Educ’ Sports), devient la première taekwondoïste belge de l’histoire à participer aux Jeux Olympiques. Pas de médaille pour Laurence mais une immense fierté pour toute une communauté de pratiquants et d’amateurs de sports. Cette première qualification prouve, s’il le fallait, que la Belgique peut jouer dans la cour des grands.

Et pour y parvenir, la fédération engage, pour la première fois de son histoire, un entraîneur professionnel : Philippe Pinerd. Auparavant entraineur de l’équipe de France, avec qui il a remporté de nombreux succès, celui-ci encadrera l’équipe fédérale jusqu’en 2012. Philippe Pinerd contribuera à l’épanouissement d’une première « génération dorée » du taekwondo francophone, composée de sportifs et sportives telles que Laurence Rase, Benjamin Fiori, Ahmed Boumrah, David Thomas, Arber Bajra, etc. À la fin des années 2000, la Belgique est systématiquement représentée lors des grands rendez-vous du taekwondo mondial.

En 2010, après de nombreuses années en tant que Président, Luc Sougné passe le relai à Abdelhak Boubouh. Celui-ci devra, en début de mandat, gérer au mieux les dissentions politiques qui secouent le taekwondo belge.

En effet, à la fin des années 2010 la fièvre du pouvoir qui atteint certains dirigeants et l’émergence de fédérations indépendantes vont plonger le Taekwondo national dans le chaos. Cette crise politique majeure qui mettra près de sept années à être résolue va laisser des traces dans les relations entre dirigeants et au sein même de l’ABFT. Des athlètes francophones vont être empêchés de combattre sous le drapeau belge. Pour continuer à progresser ils devront combattre pour d’autres nations.

De nombreuses procédures juridiques vont être menées pour défendre les intérêts de l’ABFT et de ses affiliés. L’éclatement de l’ABFT sera évité. Cette période sombre va déboucher sur des liens forts entre les dirigeants de la VTB, de la TVDSG et l’ABFT qui vont créer une nouvelle fédération nationale : la Belgian Taekwondo Federation. Celle-ci va progressivement gagner la reconnaissance des instances internationales, la WTE et la WT. Toutes ces années, l’Adeps va s’interroger sur le maintien de la reconnaissance de l’ABFT par le Ministère des sports. Très attentive à la situation, l’Adeps va toujours soutenir l’ABFT. En 2017, elle va reconduire la reconnaissance de l’ABFT pour une période de huit nouvelles années.

Durant cette période, la Fédération belge francophone de taekwondo (FBFT), académie fondée par Maître Boom Jhoo Lee dans les années 1980, rejoint l’ABFT. Cette collaboration naît d’une volonté des pratiquants, des moniteurs et responsables de clubs de fédérer et de représenter la majorité des taekwondoïstes francophones partageant la même passion et le désir de se mettre au service du sport. Afin de continuer à fédérer et à partager les bienfaits du taekwondo de manière la plus professionnelle qui soit, l’ABFT met en place une série de mesures permettant aux clubs ou aux affiliés de fédérations externes de la rejoindre. Ces mesures sont toujours d’actualité.

Si elle a freiné le développement des activités relatives au sport de haut niveau, la période d’incertitude politique du début des années 2010 n’a pas entamé l’enthousiasme et la motivation des dirigeants, du staff et des membres de la fédération. Le nombre de clubs et de membres repart rapidement à la hausse.

En coulisses, une nouvelle génération de sportifs se prépare à représenter la Belgique et la Fédération Wallonie-Bruxelles sur les plus grands tournois internationaux.

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